[Live Report] Tramhaus et Péniche à Petit Bain : ce qui se fait de mieux en ce moment…

Soirée aussi magnifique que féroce à Petit Bain ce mardi 25 février : Péniche et Tramhaus sur la même affiche, c’est la garantie de passer une grande soirée. Et ça n’a pas manqué !

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Tramhaus Petit Bain – Photo : Robert Gil

Ce soir, alors que la pluie châtie Paris à nouveau après le bref coup de soleil de dimanche, nous avons la chance de pouvoir nous changer les idées avec une double affiche (enfin, c’est comme ça que nous la voyons, nous !) infernale : d’abord Péniche, l’un des tous meilleurs groupes français, avec son post rock à la fois souriant et intraitable, et ensuite Tramhaus, le plus grand groupe jamais venu des Pays-Bas (après les Nits, bien entendu !), et leurs sets systématiquement féroces. Quoi de mieux à faire en ce mardi 25 février 2025 que d’aller écouter ce qui se fait de mieux, ou pas loin, en Europe dans le domaine de la musique actuelle ?

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20h30 : C’est donc tout d’abord une vraie joie de revoir sur scène Péniche, l’incroyable groupe post-rock basé à Angers, mais, tout au moins nous croyons nous en souvenir, très attaché à la Vendée (la Vendée faisant une percée dans le Rock, entre Péniche et les Dynamite Shakers !). Nous découvrons aussi la nouvelle bassiste, au jeu fluide, élégant, accrocheur, qui enrichit encore la musique du trio. A noter qu’elle déclare être une amie de collège (Péniche, c’est presque une histoire de famille, comme ils le « chantent » – sans paroles – avec QLF), et qu’elle fêtait son anniversaire – ses 30 ans – ce mardi.

2025 02 25 Péniche Petit Bain RG (1)Comme d’habitude, et c’est une très bonne habitude, Péniche, ce sont des morceaux à mi-chemin entre l’abstraction et la bonne décharge électrique qui emporte le public. C’est aussi une capacité étonnante à varier les atmosphères, à rendre chaque titre différent, en dépit de l’absence de chant et donc de mélodie facilement reconnaissable. Bref, c’est aussi créatif que « rentre dedans », et c’est là une équation difficile à résoudre, non ? Avec en plus, et nous on adore ça, un humour omniprésent et une chaleur humaine rare.

Si l’on reprend leurs propres qualificatifs, « Péniche, c’est beau comme une vague frappant la falaise ou un but à la 90ème. », les chansons « parlent » souvent de la mer (leur fameux titre Vendée Globe, un MUST de leurs sets, célébrant l’une des meilleures choses de la Vendée – et non, ce n’est pas le Puy du Fou !), mais également de football (Le match France – Argentine recréé musicalement, et il suffit de fermer les yeux pour imaginer les buts marqués et l’enthousiasme dans les tribunes !). Mais ils peuvent aussi écrire sur le « sel de Guérande », car leur imagination n’a guère de limites. Ce très beau set se termine sur La péniche, le seul titre avec des paroles : bon, ce n’est pas trop compliqué, on crie « la péniche ! la péniche ! ».

50 minutes formidables, et, répétons-le, on n’appellera donc pas ça une première partie, mais bel et bien une double affiche ! Na !

2025 02 25 Tramhaus Petit Bain RG21h40 : Tramhaus, c’est l’un des groupes actuels qui enthousiasment le plus ceux qui aiment leur rock moderne, léger et intense – très intense même – à la fois. Leurs sets mettent systématiquement le feu aux salles – ou aux scènes de festivals – où ils jouent, et aller voir Tramhaus en live, c’est l’assurance de vivre un grand moment de folie (et de bousculade sympathique), l’un de ces moments où l’on saute partout, avec un grand sourire jusqu’aux deux oreilles. Car les chansons de Tramhaus sont intelligentes, amusantes, en plus de permettre au groupe d’envoyer du lourd, du très lourd même, avec une férocité peu courante.

Quand le quintet de Rotterdam pénètre sur scène, dans le noir, on a d’abord du mal à identifier Lukas Jansen, le chanteur bondissant : c’est qu’il a coupé sa tignasse, il a désormais les cheveux bien courts, et ne ressemble plus vraiment à l’illuminé hilare qui nous avait séduit à Lévitation en 2023… Comme prévu, le set sera en majeure partie consacrée au premier album du groupe de Rotterdam, avec les grands moments de folie que sont The Cause, Once Again, et surtout Beech ou Ffleur Hari en conclusion saignante de la soirée : ce sont là des titres qui permettent à Tramhaus de faire preuve d’une excellence croissante (c’est à chaque fois mieux exécuté, plus imparable) dans l’exercice de rendre leur public hystérique. Les deux guitares de Nadya et Micha sont à la fois antithétiques et complémentaires, et contribuent beaucoup à l’originalité sonore d’un groupe qu’il ne faut décidément pas réduire à une déclinaison néerlandaise des standards post-punks.

2025 02 25 Tramhaus Petit Bain RGCar il y a aussi sur la setlist des titres des premiers EPs et des nombreux singles, des choses comme Amour Amour, The Goat ou Karen Is a Punk, plus légères, plus fantaisistes, qui nous ont fait aimer le groupe dès ses débuts. Si nous avions d’ailleurs un petit regret à exprimer, c’est bien qu’en durcissant le ton, Tramhaus ont perdu de leur singularité, de cet esprit un peu seventies, dansant et joueur, qui nous enchantait. D’ailleurs ce soir, le sous-mixage de la voix de Lukas nous empêche de profiter des textes bien troussés des chansons : la priorité est donnée à l’impact physique des morceaux… mais de cela, il est difficile de se plaindre.

Le groupe quitte la scène au bout d’un peu moins d’une heure dix, ayant joué 18 titres. Faites le calcul : un peu plus de trois minutes par morceau, en comptant les brèves interruptions, ça n’a pas chômé ce soir !

Nous sortons donc de Petit Bain ravis, sans d’ailleurs pouvoir clairement décider si c’est Péniche ou Tramhaus qui nous ont le plus enchantés. Un dilemme qu’il est toujours bon d’avoir, non ?

Texte : Eric Debarnot
Photos : Robert Gil

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