Le passage des Newyorkais de YHWH Nailgun au Sample était l’occasion de vérifier les bons retours anglo-saxons concernant leurs prestations scéniques. Lesquels se sont avérés mérités, quoi que l’on pense de leur premier album.
En route pour Bagnolet, pour (entre autres) un concert d’un groupe newyorkais bénéficiant d’une petite hype anglo-saxonne et trois artistes à prix démocratique (10 balles la place). Et arrivée (hélas) trop tard pour Lina Filipovich.
Va pour les Parisiens de Krokodil, décrivant sur leur compte Instagram leur musique comme de la No Wave et du Jazz Punk. Avec un chanteur portant une robe par-dessus le jean et un T-Shirt de l’album Food for Worms de Shame. Un chanteur alternant talk over et chant qui est aussi le batteur de son groupe, même s’il abandonnera provisoirement les baguettes pour la guitare en cours de concert. Le quintet joue un post punk écoutable, mais pas très original.
Mais lorsque le saxo prend de l’espace, il y a un peu de l’ombre de Marquis de Sade, en dépit d’une voix très loin de celle de feu Philippe Pascal. De façon très newyorkaise, un écran projetant des vidéos style cinéma expérimental est placé derrière le groupe. Le concert est très peu éclairé : raisons écologiques ? De coût ? En tout cas le quintet déploiera une belle énergie en fin de set.
Après du Hip Hop diffusé en intermède (plusieurs morceaux de Future diffusés à la suite, plus précisément), arrivent les Newyorkais de YHWH Nailgun. Dont on comprend vite, alors que les vidéos YouTube laissaient sceptique, pourquoi leur hype pré-premier album doit fortement à leurs prestations scéniques. Il y a bien sûr l’interaction entre les trois musiciens, produisant un Post-Punk aux rythmes tropicaux.
Mais c’est surtout du leader Zack Borzone que vient la bonne surprise. En dépit d’un style vocal débattable, le mélange entre sa prestation énergique et le grotesque de ses mouvements de pantin désarticulé passe nettement mieux en vrai que filmé par une caméra de portable. Un mélange très newyorkais de primitif et de distanciation, dont la combinaison avec la musique a réussi à mettre le public présent en mode pogo.
Le concert ne répond bien sûr pas à la question de l’avenir discographique (le devait-il ?), mais il a au moins rempli sa mission festive.
Texte et photos : Ordell Robbie